Jeudi 28 septembre 2023
Collection fondée en 1987
sur le Net depuis 1997
![]() | Par Aimé Reinhard Référence : 3116 Date édition : 2011 Format : 14 X 20 ISBN : 978-2-7586-0597-3 Nombre de pages : 162 Première édition : 1888 Reliure : br. Prix: 22.31€ |
Le mont Sainte-Odile, doublement remarquable par l'enceinte cyclopéenne dont l'antiquité païenne a couronné son plateau et par les édifices religieux que le christianisme a élevés sur son sommet et à ses pieds, l'est aussi par les nombreux châteaux forts qui, dans les premiers siècles du Moyen Âge, sont venus l'entourer comme d'un cercle de postes avancés, pour protéger de leurs formidables remparts les paisibles sanctuaires de la montagne sainte de l'Alsace. Il n'y en avait pas moins de dix, dont les possesseurs étaient les défenseurs naturels des deux monastères qui servirent d'asile à bon nombre de leurs filles, dont plusieurs devinrent abbesses à Hohenbourg ou à Niedermünster. C'est vers 680 que la tradition place la transformation du château de Hohenbourg en monastère par Odile qui en devint la première abbesse et qui le gouverna pendant près d'un demi-siècle. L'histoire de l'abbaye se divise en deux périodes, pendant lesquelles elle fut dirigée par une cinquantaine d'abbesses, depuis sainte Eugénie qui succéda à Odile, jusqu'à Agnès d'Oberkirch, en 1546. La première, du VIIe au XIIIe siècle, fut celle de la prospérité. Dès le VIIIe siècle, Charlemagne confirma tous les droits et privilèges temporels de l'abbaye, reconnue indépendante, personnes et biens, de toute autre juridiction séculière que celle de l'empire. Ravagé par les Hongrois en 917, le monastère resta plongé quelque temps dans l'obscurité pour reparaître dans l'histoire avec d'autant plus d'éclat dans les siècles suivants. Le pape Léon IX consacra l'église conventuelle reconstruite à la suite d'un incendie et promulgua la bulle de canonisation d'Odile, vénérée depuis déjà trois siècles. Puis, avec le XIIIe siècle commença une période de progressive décadence. Outre le relâchement de la discipline monastique, l'abbaye eut à souffrir de multiples incendies et de guerres sans cesse renaissantes qui ruinèrent peu à peu son patrimoine temporel. Elle fut aussi dépouillée par ses propres protecteurs, comme le duc Frédéric de Souabe, père de l'empereur Barberousse, qui lui enleva les villes d'Obernai et de Rosheim, qui faisaient partie du domaine de Hohenbourg depuis l'origine. Le 24 ou 25 mars 1546, un terrible incendie détruisit tout, sauf les anciennes chapelles, et contraignit les religieuses à quitter le couvent. Demeuré cinquante-neuf ans à l'état de ruine, le monastère fut rebâti et confié aux chanoines réguliers de l'abbaye des prémontrés d'Étival en Lorraine, qui, à peine établis, virent recommencer la série des catastrophes passées.© Micberth
08:45
   RECHERCHE