Lundi 09 février 2026
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![]() | Par Gaston Gauthier Référence : 3384 Date édition : 2015 Format : 20 X 30 ISBN : 9782758608929 Nombre de pages : 168 Première édition : 1896 Reliure : br. Prix: 26.00€ |
Compris jadis dans la Puisaye, Rogny et Saint-Eusoge forment l'extrémité ouest du département de l'Yonne. Leur sol fut foulé par les Romains, comme en témoignent les monnaies et les médailles découvertes à diverses époques. Au XIe siècle une paroisse fut créée sous le nom de Roigniacum et le territoire fut le siège d'une vaste seigneurie dont les premiers possesseurs prirent le nom. Le premier connu fut Guillaume, sire de Rogny. Son fils, Eudes, avait dix-huit ans quand il lui succéda. Mécontent de la mésalliance de sa mère qui s'était remariée avec un maréchal-ferrant, il tua son beau-père avec l'aide de ses amis, sans que la justice ne prête aucune attention à ce crime. La paroisse fut ensuite réunie au duché de Châtillon-sur-Loing et divisée en différents fiefs, plus ou moins importants. La population fut pendant plusieurs siècles sous la domination de ses seigneurs et souffrit de toutes les guerres du Moyen Âge et des Temps modernes. Lors de la lutte entre les Armagnacs et les Bourguignons, la cité n'échappa pas aux exactions de l'aventurier Perrinet Gressart. Á cause du voisinage de Châtillon-sur-Loing, berceau des Coligny, les désastres des guerres de Religion furent terribles. Le château de la Brénellerie souffrit tant des combats qu'on lui accorda d'être fortifié. La tradition rapporte que beaucoup de huguenots furent inhumés dans sa cour. Le territoire ne fut pas épargné non plus durant la Fronde, puisqu'une partie du combat de Bléneau s'y déroula. En effet, Turenne ayant appris que Condé, maire de Montargis, marchait sur Bléneau, donna ordre au maréchal d'Hocquincourt de placer ses dragons à Rogny pour défendre le passage du canal. Les habitants de Rogny et de Saint-Eusoge eurent à souffrir des guerres de Louis XIV, payèrent de nombreux impôts, subirent l'hiver rigoureux de 1709 et endurèrent la famine qui en résulta. Pendant la période révolutionnaire, les vivres furent souvent rares, en partie à cause de l'obligation qu'avait la commune de nourrir « la population flottante », constituée d'ouvriers qui chargeaient les trois mille cordes de bois déposées sur le port pour l'approvisionnement de Paris. Le 19 juin 1794, le conseil général de la commune, vu la disette de vin et la rareté de l'eau qui empêchait la navigation du canal et l'arrivée des vins, ordonna aux aubergistes de ne donner pas plus d'une demi-bouteille à chaque citoyen, « sous peine de 50 livres d'amende ». Le canal accrut considérablement la population, jusqu'à ce que la voie ferrée d'Auxerre à Gien ôte une partie du trafic.© Micberth
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